Manipuler sa tension musculaire pour toujours bien rebondir en course à pied

by | Jan 20, 2017 | 0 comments

Pour courir vite, pas le choix : il faut maîtriser l’art de bien rebondir. À chaque foulée qu’il effectue, un coureur accumule et relâche de l’énergie élastique avec ses jambes, agissant comme deux gigantesques ressorts qui se déforment, puis se reforment à répétition. 

C’est ce qui explique pourquoi un bon athlète semble littéralement flotter dans les airs alors qu’un néophyte – ou un cycliste — rase plutôt le sol de manière inélégante.

Bien rebondir n’est toutefois pas qu’une question d’expérience. La preuve : il est possible d’avoir à son actif des années d’entraînement puis de tout de même se sentir « flat » comme un Seven-Up laissé trop longtemps sur le comptoir. À plat, pas de jambes, absences de sensations : que de manières il y a pour qualifier cette léthargie qu’un coureur ressent parfois à l’entraînement.

Ou, pire, en compétition.

Cet état est d’autant plus frustrant qu’il est transitoire – il s’installe après quelques jours de repos ou de longs déplacements et repart aussi mystérieusement peu après. En ce sens, il se différencie du surentraînement, une condition qui affecte l’ensemble de l’organisme, causant une fatigue générale et chronique. Et pas aiguë et momentanée comme c’est ici le cas.

Appelons cela le syndrome du coureur sans oomph. 

La bonne nouvelle, c’est que le coureur sans oomph peut facilement le retrouver à l’aide d’interventions simples. Mieux encore : il peut se « guérir » quand bon lui semble, ce qui lui permet d’attaquer ses entraînements sur piste, ses longues sorties et ses compétitions dans les meilleures dispositions possibles. Frais et rebondissant.

Pour cela, il lui suffit de manipuler sa tension musculaire.

TENSION MUSCULAIRE

Le concept, qui ne vient pas de moi, semble complexe aux premiers abords. En réalité, il l’est : l’expliquer en long et large va au-delà de mes capacités – ou plutôt, il exigerait de ma part de grands écarts intellectuels. Et comme je ne veux pas vous endormir…

Simplifions, donc.

Les muscles du corps ne sont jamais complètement au repos. Au contraire : ils maintiennent toujours un certain tonus, une tension résiduelle. Le grand responsable de cette réalité, c’est votre cerveau qui, par l’entremise du système nerveux, ajuste constamment le niveau de tension musculaire au repos selon les situations. Vous êtes assis longtemps? Les muscles situés devant votre hanche et derrière votre cuisse seront momentanément plus tendus pour cette raison. Le fonctionnement est similaire à celui du thermostat d’une maison.

Intelligent, bien sûr.

Parmi les interventions qui influencent considérablement et durablement le niveau de tension musculaire ambiant : la course à pied. De manière générale, courir longtemps et lentement abaisse la tension alors que courir brièvement et rapidement l’augmente. Les surfaces de course, la pratique de musculation et le type de chaussures porté rentrent aussi en ligne de compte. Le repos complet a quant à lui l’effet d’une bombe atomique.

Il annihile la tension musculaire.

Si la course à pied influence le niveau de tension musculaire, le contraire est aussi vrai : cette variable joue sur la capacité du coureur à bien rebondir. L’enjeu pour ce dernier est donc d’optimiser son niveau de tension musculaire en fonction de sa pratique. Concrètement, cela signifie qu’il le voudra élevé le jour d’une compétition ou d’un entraînement de qualité afin de favoriser une foulée plus dynamique. Et vice-versa, il le désirera bas pour une sortie longue ou un jogging, afin de favoriser l’économie.

Qu’arrive-t-il s’il ne l’optimise pas?

C’est simple : le syndrome du coureur sans oomph le guette.

CONSEILS PRATIQUES

Manipuler sa tension musculaire afin de bien rebondir n’a pas besoin d’être compliqué. Commencez par identifier le niveau optimal pour réaliser vos entraînements clés chaque semaine. Puis, lors des séances d’entraînement précédentes, incorporez les bons stimuli. 

Par exemple, en vue d’une séance d’entraînement sur piste particulièrement exigeante, vous pourriez inclure quelques accélérations particulièrement vigoureuses qui auront comme effet d’augmenter votre niveau de tension musculaire.

Pas plus compliqué.

La même logique s’applique en prévision d’une course d’importance. Au lieu de tenter (bien inutilement) d’aller chercher d’autres gains physiques dans la semaine précédente, il vaut mieux courir pour trouver le niveau de tension musculaire adéquat pour le jour J. C’est du temps mieux investi.

Une police d’assurance contre le syndrome du coureur sans oomph.