Pourquoi se nourrir et carburer ce n’est pas la même chose!

by | Fév 3, 2017 | 0 comments

 

Vous êtes obsédés par la nutrition sportive. Je le suis aussi. Ce n’est pas pour rien que les magazines sont remplis de trucs et conseils sur le sujet : nous en redemandons tous.

Les bons aliments à choisir, comment manger pour préserver un niveau d’énergie adéquat à l’effort, perdre quelques kilos afin de mieux grimper les côtes : les variantes sur le thème de « mieux manger pour mieux performer » sont infinies.

Mais ces articles vous sont-ils réellement utiles?

Si vous êtes comme moi (et, je parie, 99.9 % des gens), pas vraiment. Oui, vous les parcourez. Oui, l’argument qui vous est présenté, chiffres et, parfois, études à l’appui, vous semble convaincant. Peut-être même, quand cela fait votre affaire, retenez-vous quelque chose de votre lecture. Or, au final, vous n’appliquez que très rarement son judicieux contenu.

Pourquoi?

Parce qu’il y a trop d’informations contradictoires sur ce vaste sujet. Parce que manger est une chose éminemment personnelle — et que rajouter la notion de performance à l’équation, c’est flirter avec le sacré. Mais, surtout, parce qu’à force complexifier quelque chose qui devrait être simple et spontané, on finit par le dénaturer. L’éviscérer de son sens.

Et, parfois, créer des bibittes dans la tête des gens.

La nutrition sportive est un sujet dangereux. Les valeureux qui se risquent à en parler ne s’en rendent pas toujours compte, mais ils s’aventurent sur un terrain miné par les névroses, les convictions et les habitudes de ceux à qui ils s’adressent. C’est pourtant ce que je m’apprête à faire.

Mon but : recadrer le tout afin de le vider de sa charge émotionnelle.

SE NOURRIR ET CARBURER

À la base, la nutrition sportive est beaucoup une question de synchronisme. La qualité des aliments, les quantités à ingérer, l’hydratation : toutes les données (ou presque) changent selon le moment de l’effort. Dans les faits, la nutrition sportive commence environ 30 minutes avant une séance d’entraînement, se poursuit pendant ce dernier et se termine 2 heures après sa conclusion. En dehors de cette fenêtre, on parle davantage de saine alimentation.

C’est là toute la différence entre carburer (fueling) et se nourrir.

On dirait un débat de sémantique. Pourtant, se nourrir et carburer sont deux actes très différents qui commandent des gestes, des aliments et un état d’esprit qui leur sont propres. Alors qu’on se nourrit pour avoir de l’énergie au quotidien et bien dans sa peau, on carbure plutôt pour optimiser la qualité de ses entraînements et accélérer la récupération. Les enjeux ne sont pas les mêmes.

Ce sont littéralement deux modes distincts.

Concrètement, cela signifie que vous ne devriez pas vous alimenter de la même manière et dans les mêmes proportions selon que vous avez zéro, un ou plusieurs entraînements au programme un jour donné. Aussi, cela implique que la « valeur » de certains aliments change selon le moment pendant lequel ils sont ingérés. Eh oui : bouffer beaucoup de sucre presque pur à l’intérieur de la fenêtre d’effort est ben correct.

C’eSt même souhaitable.

Ces deux modes sont aussi complémentaires. Par exemple, une alimentation adéquate avant, pendant et après l’effort réduit l’envie subséquente pour des aliments de moindre qualité (cravings). Vice-versa, bien manger à l’extérieur de la fenêtre d’effort assure qu’on a l’énergie et la motivation nécessaire pour s’entraîner correctement et progresser. C’est aussi la meilleure manière d’atteindre une composition corporelle optimale.

Etde la maintenir.

 

UN CADRE

Bien sûr, la nutrition sportive va bien au-delà de la nuance entre se nourrir et carburer. Évidemment, carburer prend une tout autre signification avant une compétition – la fenêtre d’effort est alors plus large. On parle d’une science à part entière, ne l’oublions pas!

Ce n’est pas parce que je mange tous les jours que je suis un « expert » pour autant.

Nuancer ces deux modes fixe néanmoins un cadre dans lequel, comme sportif d’endurance, il est facile de se retrouver, puis d’évoluer. Surtout, il vide de leur bagage émotionnel certains comportements et certains aliments propres à la nutrition sportive.

 

C’est d’ailleurs là sa plus grande force.