4 raisons pour lesquelles HotShot pourrait bien être un véritable remède aux crampes musculaires à l’effort

by | 30 Sep 2016 | 0 comments

C’était dans la côte qui traverse le village de Saint-Irénée, dans Charlevoix. Impossible de l’oublier : c’est là que j’ai expérimenté mes premières crampes musculaires à l’effort. J’avais bien « choisi » l’endroit puisque certains segments de ce mur flirtent allègrement avec les 15 % de pente – sur une dizaine de mètres, on parle même de 20 %. Le terme casse-patte prend ici tout sens.

Justement, ce sont mes pattes, plus précisément mes mollets, qui ont cessé de collaborer. Durs comme deux troncs d’arbre, ces derniers refusaient de continuer à pousser sur les pédales de ma bécane. « Sans rancune, mais ça s’arrête ici pour nous », m’ont-elles annoncé, me laissant avec la désagréable impression que j’allais basculer (par en arrière) dans le Fleuve, situé en contrebas de la route.

Heureusement, c’est la seule et unique fois que j’ai été aux prises avec un épisode de ces contractions musculaires douloureuses, localisées et involontaires. Ce n’est pas donné à tous : il est estimé qu’environ deux triathloniens sur trois et la moitié des marathoniens l’expérimentent un jour ou l’autre. Chez les cyclistes, la prévalence serait d’environ 60%.

C’est justement ce marché (juteux) que vise l’entreprise américaine Flex Pharma, qui commercialise depuis le printemps dernier un « antidote aux crampes musculaires à l’effort ». Comme je le raconte dans un article consacré au sujet dans le magazine Espaces, le produit, une boisson sportive nommée HotShot, corrigerait la défaillance du système nerveux à l’origine des crampes musculaires.

Est-ce que ça marche vraiment? À défaut d’une réponse définitive, voici quatre raisons pour lesquelles HotShot pourrait bien être un véritable remède aux crampes musculaires à l’effort.

1- Un mécanisme d’action qui a fait ses preuves.

Du jus de marinade de cornichon, c’est franchement infect. Pourtant, la mixture salée, idéale pour remplacer des électrolytes perdus à l’effort, a longtemps été considérée par plusieurs comme un remède de grand-mère aux crampes musculaires – une compagnie en commercialise même depuis 2001 ! Sceptiques, des chercheurs du Dakota du Nord l’ont mise à l’épreuve en 2010.

Après avoir artificiellement induit (voir l’image !) des crampes chez leurs sujets légèrement déshydratés, les scientifiques leur ont servi tantôt de l’eau désionisée, tantôt du jus de cornichon. Comme par magie, ceux ayant reçu le jus de cornichon ont vu la durée de leurs crampes grandement diminuer, ce qui n’a pas été le cas pour les buveurs de la boisson inerte. La différence entre les deux groupes est majeure : 50 secondes de moins en moyenne pour le jus de cornichon !

Ce qui est encore plus surprenant de ces résultats, c’est leur interprétation. Selon les chercheurs, l’effet du jus de cornichon est si rapide que le liquide ne peut avoir quitté l’estomac pour être absorbé par l’organisme, ce qui écarte l’hypothèse de restauration des réserves d’électrolytes. Ils proposent plutôt que c’est le fort goût du jus de cornichon qui a inhibé les crampes musculaires.

Coïncidence : cinq années plus tard, le groupe derrière HotShot arrive avec un mécanisme d’action similaire. Leur boisson, ouvertement inspirée du jus de cornichon, mais également du cidre de pomme et de la capsaïcine, qu’on retrouve dans les piments forts, agirait en activant les « canaux TRP », des récepteurs nerveux situés dans la bouche, l’œsophage et l’estomac. Surtout, elle serait à l’origine d’une réduction de 300 % de l’intensité des crampes.

Cette diminution de la sévérité des crampes sportives – et non d’éradication, la nuance est importante – se manifesterait peu après l’ingestion, peut-on lire sur le site internet du produit. Attention : la consommation de produits laitiers ou d’aliments gluants (comme le beurre d’arachide) 30 minutes avant ou après celle d’HotShot annulerait ses effets.

2- Des données « probantes ».

Notez que j’écris au conditionnel. L’absence d’études indépendantes et le flou volontaire entretenu quant aux ingrédients actifs sont autant de zones grises qui empêchent de se faire une idée précise sur HotShot. Selon Alex Hutchinson, qui pilote le blogue Sweat Science, le processus de soumission à des revues scientifiques sérieuses serait toutefois en branle.

En attendant, il est toujours possible de se rabattre sur les quelques résultats rendus publics par Flex Pharma et rapportés dans un article du Globe and Mail signé par même Hutchinson. On y apprend qu’HotShot réduit l’intensité de crampes induites artificiellement et que l’effet commence dans les quinze minutes qui suivent l’absorption, pour durer de six à huit heures au total. C’est mieux que rien.

3- Des commentaires élogieux.

J’ignore si HotShot fonctionne vraiment, mais une chose est certaine : la promotion qui en est faite donne le goût d’y croire ! Pour vous en convaincre, jetez un coup d’œil aux témoignages dithyrambiques d’athlètes de haut niveau disponibles sur le site internet de la compagnie – et repris par des médias comme WIRED et The Wall Street Journal. Dans le lot de sportifs qui ne jure que par HotShot, on retrouve des triathloniens, des coureurs et des cyclistes, mais aussi des hommes forts !

Je mentionne ce point, car c’est par le biais de tels récits (anecdotiques) que les tablettes de sel, les suppléments de potassium et tous les autres supposés remèdes aux crampes musculaires ont fini par être adoptés par les sportifs amateurs. Même si ceux-ci sont notoirement inefficaces, ils demeurent aujourd’hui très répandus chez ces derniers, qui y retrouvent un sentiment de sécurité, de contrôle.

Bref, un gain marginal.

4- Un goût particulier, mais qui a du chien !

Un des éléments centraux dans l’argumentaire d’HotShot, c’est son goût quelque peu particulier. On la dit épicée, forte au goût, voire âcre, un peu à la manière des aliments desquels les inventeurs se sont inspirés pour la mettre au point.

La rumeur est vraie.Pour avoir mis la main sur des échantillons (qui m’ont gracieusement été fournies par Flex Pharma), je confirme que le goût est à des années-lumière de celui d’une boisson sportive classique. Malgré son petit format (50 ml) qui se boit en quelques gorgées, la sensation de chaleur et de picotement qu’elle provoque est franche et durable.

Imbuvable au repos – vraiment -, HotShot gagne ses lettres de noblesse à l’effort. Je l’ai utilisé récemment lors du 105 kilomètres des Défis du Parc où elle a complété à merveille un régime alimentaire où le sucre, sous toutes ses formes, était omniprésent. Impossible toutefois de savoir si elle a véritablement prévenu les crampes musculaires – l’affirmer relèverait de la mauvaise foi.

Pour l’instant, le produit n’est disponible qu’aux États-Unis, où il est vendu en format de six unités pour la coquette somme de 35 $ dollars américains (environ 45 $ dollars canadiens).

Quelles sont vos préoccupations ? 

Coach Bill veut le savoir ! C’est pourquoi il vous invite à répondre aux questions suivantes. Ça prend deux minutes, littéralement.

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